
© Jean-Michel Destang
L’entraide entre femmes du littoral est aussi ancienne que les métiers de la mer, mais elle prend aujourd’hui plus de poids avec la création d’associations ou de réseaux de femmes dans presque tous les pays.
Les femmes ont toujours été solidaires pour surmonter les coups durs et se tenir informées, malgré les différends personnels ou professionnels que pouvaient connaître les hommes.
Trois facteurs communs aux sociétés occidentales expliquent cette évolution : le refus de l’insécurité sous toutes ses formes, le désir des femmes de faire reconnaître leur rôle social et économique, et la difficulté pour les femmes de s’exprimer aux sein des organisations maritimes tenues par les hommes.
Les associations de femmes en milieu maritime sont impliquées dans différents combats:
Acquérir un statut
Dans les métiers liés à la mer de nombreuses femmes aident leur conjoint et s’occupent souvent de la comptabilité, de la commercialisation, de l’entretien du matériel, des enfants et de la maison. Cependant, elles n’ont souvent pas la reconnaissance officielle qui puisse leur permettre d’avoir accès à une couverture sociale. Elles luttent pour la reconnaissance de leur contribution économique. Ces activités d’appui restent souvent non ou peu rémunérées, non enregistrées, non reconnues, et invisibles en dehors du cercle communautaire local.
Droit à des formations professionnelles qualifiantes et diplômantes
Du fait qu’elles travaillent de manière clandestine, des femmes du milieu maritime n’ont pas accès à des formations professionnelles qualifiantes et diplômantes. Elles restent cantonnées dans des postes ouvriers et ne peuvent espérer aucune évolution.
Intégration dans les instances professionnelles
Pourtant essentielles dans le tissu économique littoral, dans les activités de conchyliculture, d’ostréiculture, de transformation des pêches, les femmes ne sont quasiment pas représentées dans les instances maritimes professionnelles.

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Droit à la santé
Dans certains chantiers nautiques, les femmes sont dévolues aux taches les plus ingrates, notamment la peinture de l’intérieur des coques. Leur santé est mise en danger par ces pratiques.
L’application du statut de conjointe collaboratrice dans les pays qui l’ont adopté
En optant pour le statut, la conjointe peut être reconnue dans son travail, bénéficier d’une allocation maternité-adoption, elle peut intégrer les instances professionnelles, elle peut suivre des formations professionnelles qualifiantes et diplômantes, et enfin, obtenir une retraite personnelle.
Droit à l’égalité de statut et de traitement à bord, dans la Marine Marchande
La Marine Marchande reste un secteur où les femmes subissent le sexisme au quotidien. Un bureau d’écoute à même été créé à Genève pour consigner leurs plaintes et les porter devant des commissions du Conseil de l’Europe.
Certaines femmes embarquées luttent pour que leur secteur bénéficie des mêmes avancées que les Marines Nationales qui ont fait d’énormes progrès depuis deux décennies pour la promotion de l’égalité de statut et de traitement à bord.
Préservation et transmission des patrimoines immatériels
Avec la modernisation de la filière maritime, de nombreux métiers et savoirs disparaissent. Des femmes ont pris le parti un peu partout en Europe de conserver cette mémoire en créant des lieux, des sites Internet, en participant à la création de festivals, en organisant des formations avec des lycées et universités. Pour l’instant, peu de pays se sont intéressés à leur démarche.

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Préservation de l’environnement et de la ressource
Au contact des organisations environnementales, on constate que ce sont souvent des femmes qui sont en tête des différents combats, que ce soit pour la prévention des marées noires ou la préservation des ressources piscicoles, l’application des quotas.
Lutte contre la toxicomanie
Lors de nos premières escales, nous avons découvert, avec surprise, que des femmes s’engageaient depuis quatre ans dans la lutte contre la toxicomanie. Les hommes, soumis en mer à des cadences effrénées, sombrent en effet dans la consommation systématique de drogues.
La sécurité en mer
La sécurité en mer est la grande affaire des FEMMES DE MER, presque toujours à l’origine de la création des associations.
Face à l’insouciance (feinte ou réelle) des hommes à l’égard des problèmes de sécurité, les femmes demandent aux pouvoirs publics d’élever les normes de sécurité, de rendre obligatoires les formations à l’utilisation du matériel et d’accroître les moyens d’intervention et de secours en mer.
La reconnaissance plus rapide du décès en mer
Autre cheval de bataille, obtenir une reconnaissance plus rapide du décès en mer pour les disparitions liées à un naufrage ou un accident. Dans l’attente de la lettre officielle, les familles ne reçoivent qu’une part infime des indemnisations auxquelles elles ont droit, provoquant des situations désespérées.
Droit à la recherche
La recherche en sciences sociales sur la question de femmes est restée très marginale en comparaison avec d’autres secteurs économiques. Les chercheurs qui étudient l’évolution des femmes dans le monde maritime se comptent sur les doigts de la main en Europe.